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Ayant démontré que l'imitation de la nature en art est
valable et que les deux premiers points de contestation des peintres déformants
ou non-figuratifs sont fallacieux, il démontre qu'elle est seule valable jusqu'à
preuve du contraire, et leur pose cette question : Quel est votre critère en art
? Il note qu'il est aussi impossible aux uns de dire selon quelle loi ils
déforment qu'aux autres de dire par quel critère ils remplacent la réalité.
Les anciens
garantissaient leurs oeuvres par une espèce d'étalon or qui était la fidélité
dans la reproduction de la nature. Vous déclarez cet étalon périmé : en
admettant que vous ayez raison, il faut supposer, puisque vous continuez
d'exercer les Beaux-Arts, que vous l'avez remplacé. Il vous en faut un, vous ne
pouvez pas vous en passer : parmi les oeuvres nées de votre école, comment
distingueriez-vous celles qui sont réussies de celles qui ne le
sont
pas ? Or,
cet étalon neuf, je ne sache pas que vous nous l'ayez jamais fait
connaître.
Non seulement il faut un critère en art, affirme
Léon Gard, mais ce critère doit pouvoir se vérifier : d'où la nécessité des
règles, ces règles dont les non-figuratifs ou les déformants s'affranchissent
sous prétexte que le génie ne doit pas être bridé et que l'art est affaire de
sentiment.
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