Si les Cubistes ont fait de Cézanne leur
porte-drapeau, Van Gogh, Gauguin, et même Delacroix et Ingres ont été
revendiqués ( toujours abusivement souligne Léon Gard ) par d'autres mouvements
professant la déformation de la nature et se réclamant du "droit à
l'inexactitude", comme disait Delacroix.
Ce fameux droit à l'inexactitude, Léon Gard
expliquera maintes fois qu'il est pétri de malentendus, et que s'il a donné lieu
à bien des aberrations de la part de peintres avides de formules commodes
propres à masquer leur impuissance, certains grands peintres eux-mêmes ne sont
pas exempts de reproches, qui leur ont fourni ces formules sommaires et
maladroites.
D'abord, Léon Gard veut éclaircir cette notion
d'exactitude ou d'inexactitude en art et souligne que dans ce domaine la seule
exactitude qui compte vraiment est l'exactitude plastique :
Qu'un artiste se livre
aux inventions inspirées par son tempérament, ou qu'il demande à l'exactitude de
l'observation littérale de la nature de lui fournir tous les éléments de son
oeuvre, il sera grand si cette oeuvre contient une somme suffisante
d'exactitudes plastiques.
Mais Léon Gard est conscient que
le terme " plastique" est un adjectif qui, aussi approprié qu'il soit, a le
défaut d'être souvent employé par nombre d'imbéciles ( pour employer le mot cher
à Bernanos pour qualifier les cuistres ) écrivant sur l'art, qui s'arrangent de
façon à ce qu'on ne sache plus du tout ce qu'il veut dire, car ils s'en servent
froidement pour désigner une peinture plastiquement indéfendable.
Aussi précise-t-il :