Réfutation du Cubisme V  
 
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Ces "Maîtres" ne savent ni peindre ni dessiner

   Malgré qu'on en ait, il nous faut reconnaître nos limites et le mystère des choses. Apollinaire dit, comme si le mystère était notre invention, qu' "on s'accoutume vite à l'esclavage du mystère". Notre esclavage du mystère n'est qu'une résignation raisonnable devant ce qui nous dépasse. Le mystère n'est pas, comme beaucoup le croient naïvement, inventé par les prêtres pour maintenir notre esprit dans une ignorance propice à son assujetissement par l'église, mais il existe spontanément. Si l'on perçait certaines énigmes, certaines fables, appelées mystères pour les besoins de la cause, il resterait encore le vrai mystère, maître de notre destin et de tout ici-bas.

   Ce mystère veut que ce qu'on appelle erreur soit un phénomène proprement humain, l'erreur étant définie comme une action ayant des conséquences contraires, en fin de compte, au bonheur humain.

   Pour notre malheur, le propre des erreurs est des vivre, de marcher, de construire, de séduire, de ressembler à la vérité pendant longtemps avant qu'on s'aperçoive que ce sont des erreurs, et d'engendrer ainsi des illusions tenaces, des réseaux, des enchaînements d'erreurs vivaces, puissantes et organisées dont les issues sont fatales, violentes et catastrophiques.

   Certaines adorations de la nature d'ordre scientifique, par exemple, ne sont évidemment qu'une forme de l'adoration de soi-même et du désir d'asservissement du monde à soi-même. La nature, en paraissant livrer ses secrets tend souvent des pièges effroyables, et il n'y a de différence que dans les mots entre le prétendu amour pour la nature -amour qui dévaste, saccage - de certains, et la frénésie des autres à la "térrasser".

   Manifestement, la nature se venge aussi cruellement de ceux qui l'aiment d'une curiosité cupide et insatiable que de ceux qui la méprisent. Si l'on pense, avec quelque apparence de raison, que la nature, aussi grande qu'elle soit, n'est pas l'absolu, il faut aussi penser que nous, créatures de la nature, ne pouvons considérer l'absolu qu'à travers la nature en remontant à son créateur.

   On doit en conclure que, non seulement l'admiration de la nature est article de foi, mais encore qu'il n'y a pas d'autre chemin qui puisse mener vers l'absolu.

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© 2005

Cinquante ans de combat contre l'art non-figuratif

A la découverte du peintre Léon Gard (1901-1979) et de ses écrits, où il défend sa conception de l'art inséparable de l'imitation de la nature.